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Requiem de Mozart – Orchestre des Portes de l’Essonne, chœur du CRR de Rouen

Muriel Montel, Soprano
Marion Vergez-Pascal, Alto
Paco Garcia, Ténor
Jean-Claude Sarragosse, Basse

Chœur du CRR de Rouen – dir Pascal Hellot
Direction : Jean Gaillard

Pour relever le défi d’interpréter l’ultime œuvre du génial Mozart,  Jean Gaillard, a invité  le Chœur du CRR de Rouen et a fait appels aux artistes enseignants du territoire ainsi qu’à quelques grands élèves du conservatoire.
Le Requiem, passage obligé pour tout musicien et chanteur classique, est une création posthume entourée de mystères. Mozart, malade et affaibli meurt le 5 décembre 1791, laissant ainsi son Requiem inachevé. Constance Mozart, sa veuve, criblée de dettes, chargea alors Joseph Eybler puis Franz Xaver Süssmayr, proches du défunt, de terminer son œuvre pour pouvoir honorer la commande du Comte Franz de Walsegg. Aujourd’hui encore, l’étendue de la contribution des auteurs reste une énigme pour les musicologues et une source inépuisable de débat. Chacun s’accorde pourtant à reconnaitre l’incroyable génie, la puissance mystique et l’émotion profonde qui émane de ce bijoux funéraire, qu’on ne se lasse pas d’écouter et de réécouter.

Spectacle accueilli en résidence de création et coproduit par Les Bords de Scènes. http://www.lesbordsdescenes.fr/saison/18-19/requiem-de-mozart/

Dimanche 12 mai – 17h, Eglise de Cheffes sur Sarthe (49)

Les musiques celtiques des XVIIème et XVIIIème siècles sont fascinantes par la façon dont les styles « traditionnels » et « classiques » se sont entremêlés. En effet, la plupart des compositeurs de l’époque ont tous utilisé les thèmes en vogue, et les ont adaptés aux formes et aux harmonies du moment. Ils ont ainsi créé une musique au charme unique, savoureux mélange de modalité « ancestrale » et d’harmonies « modernes ». Réunissant des airs de danse, des chansons et des airs avec variations, ce programme rare, propose d’allier la poésie des instruments anciens et l’énergie du phrasé traditionnel.
Pour ce programme, Suonare e Cantare vous propose un fabuleux voyage musical au travers de pièces issues des plus beaux chefs d’oeuvres de John Dowland (1563‐1626) ainsi que des suaves mélodies tirées du recueil de John Playford et du folklore irlandais.
John Dowland, luthiste et chanteur, travaille tout d’abord à Paris pour l’ambassadeur

d’Angleterre. Il devient ensuite musicien à la cour de Christian IV du Danemark, puis se met au service de Jacques Ier d’Angleterre et Charles Ier d’Angleterre. La musique de Dowland exprime souvent la mélancolie, un sentiment très présent dans les compositions de cette époque. Il écrivit d’ailleurs une pièce pour consort dont le titre pourrait selon certains résumer son oeuvre, intitulée Semper Dowland, semper dolens (toujours Dowland, toujours souffrant). Ce serait cependant oublier d’autres pièces plus humoristiques, comme Fine knacks for Ladies ou encore The Earle of Essex Galliard, pièce instrumentale dédié au Prince Essex, composée sur le même thème que Can she excuse, lettre ouverte à Élisabeth 1ère d’Angleterre…

Ce programme est également l’occasion de revisiter le recueil de John Playford, The English Dancing Master, ou l’on trouve la plus importance source de mélodies anglaises du XVIIe siècle, mais aussi les oeuvres de John Bennet et Thomas Ravenscroft. Marqué par les influences celtiques et populaires, ce concert alterne musiques vocales et instrumentales, entre humour et mélancolie.

PROGRAMME

Nobody’s Jig / Mr Lane’s Maggot / Black and Grey (Recueil de John Playford)
Come again (John Dowland)
Woodcock / Recueil de John Playford
The three Ravens (Thomas Ravenscroft)
A Maske / Recueil de John Playford
Fine knacks for ladies (John Dowland)
Ayre (pièce pour viole seule) / Tobias Hume
Flow my tears (John Dowland)
Stingo / Recueil de John Playford
Lord Rendal (anonyme)
Prince Rupert March and Masco / Recueil de John Playford
Venus’ Birds (John Bennet)
Daphne / Recueil de John Playford
A Piece (pour clavecin seul) / Recueil de John Playford
Now, o now I needs must part (John Dowland)
The Virgin Queen / Bobbing Joe / Recueil de John Playford
The Willow song (anonyme)
The tailor and the mouse (anonyme)

DISTRIBUTION

Elodie Fonnard, soprano
Jean Gaillard, flûtes
Olivier Briand, violon
Emily Audouin, viole de gambe
Julie Blais, clavecin

Contes des 4 Saisons – D’après les contes de Grégoire Solotareff  

L’être humain a besoin d’histoires comme il a besoin d’eau, ou de soupe de fraises des bois : tous les jours un peu. Grégoire Solotareff, dessinateur et conteur infatigable a attribué à chaque jour de l’année un conte. À l’image des grands fabulistes et animaliers, il y croque avec tendresse et humour les caractères de ses contemporains, sous les traits d’animaux, se débattant pour accomplir leurs petits et grands désirs.

Sur la scène, une comédienne, une flûte ténor rafi et un Karlax. Les contes de Grégoire Solotarev nous portent dans l’univers des animaux étrangement humains qui peuplent ses livres. Le public rit et s’émeut, pris entre tendresse et désarroi, de ces « amis » qui jouent et s’amusent du dérisoire de la vie.

Ce spectacle est un impromptu pour flûte, voix et karlax, où la nouvelle lutherie côtoie la musique ancienne, où l’improvisation alterne avec l’écriture contemporaine.

Théâtre MUSICAL – Mise en espace par E. Houze
Pour tous publics à partir de 6 ans – Durée : 60 minutes

 

Dimanche 20 Janvier – 17h, Salle Jean Lurçat à Juvisy sur Orge

 

Dimanche 13 octobre 2019 avril à 20h30, église Saint Denis à Athis-Mons
Être Achille ou Ulysse ? C. Monteverdi – JB Lully (création)

Tout oppose en effet les deux héros, chacun personnage principal d’un des poèmes homériques, le premier de l’Iliade, le second de l’Odyssée : Achille est l’homme d’une vie brève et d’une mort glorieuse, qui meurt au faite de sa jeunesse, de sa beauté, de son courage et accède ainsi à l’immortalité.
Ulysse, en revanche, représente le pôle opposé : il est celui qui revient chez lui pour vivre une vie longue et heureuse, fidèle à Pénélope, à Ithaque et à lui-même, même si, au bout du chemin, c’est la vieillesse qui l’attend et non une autre vie. En résumé : la force active, violente, les pleurs et la tristesse pour Achille, et pour Ulysse la ruse, les malheurs, la réussite, et surtout le rire et la survie.

Il fallait donc tout le talent des poètes pour les rassembler, en particulier celui d’Homère pour composer un chant poétique. Il chante ici un monde définitivement disparu, celui de demi-dieux, plus forts que les humains dont seuls les mots peuvent restituer la vérité : « Pour entrer dans ces poèmes, il faut rêver avec des mots ».
Les anciens Grecs eux-mêmes parvenaient, en écoutant ces chants, à tenir à distance la violence de la guerre, qui y était omniprésente. La colère d’Achille, source de tant de désastres et de morts se sublime devant Priam, le père dont il a tué le fils, Hector. Le corps du héros troyen est rendu, ses funérailles peuvent avoir lieu.
Le problème posé par Ulysse est différent, il est celui du retour, c’est-à-dire d’entrer le monde présent, celui des humains qui ne sont pas des demi-dieux. Au cours de son voyage, de son odyssée, il visite des mondes imaginaires qui « représentent des mondes irréels mais possibles, ce que des sociétés humaines pourraient être, des mondes qu’il faut quitter car nous n’y sommes pas chez nous ».
Plus fondamentalement, Ulysse « doit abandonner tout ce qui n’est pas humain au sens d’une pure survie, d’une pure possibilité de vivre. Il doit se dépouiller de tout pour rentrer ». De tout ce qui n’est pas humain en lui.

Les suites de la Guerre de Troie ont fourni d’innombrables sujets aux poètes, aux dramaturges et aux musiciens. Achille et Ulysse apparaissent donc régulièrement dans les œuvres musicales prenant pour sujet la guerre de Troie.
En 1641, Claudio Monteverdi compose le Retour d’Ulysse dans sa patrie. Monteverdi et son librettiste choisissent là un des épisodes les plus célèbres de l’Odyssée relaté dans les chants XIII à XXIII : le retour d’Ulysse chez lui à Ithaque et le massacre des prétendants qui pressaient Pénélope de se choisir un nouveau mari.

En 1686, le compositeur français Jean-Baptiste Lully commence à composer une tragédie lyrique « Achille et Polyxène » prenant pour sujet les amours entre Achille et la princesse troyenne Polyxène. Il meurt en laissant l’œuvre inachevée, n’ayant eu le temps de composer que le prologue et le premier acte. La suite fut terminée par son assistant Pascal Collasse.

Au-delà de la profonde réflexion sur ce qui constitue notre expérience d’être mortel, cette odyssée musicale et littéraire nous plonge dans ces poèmes et partitions aussi bien destinés à celles et ceux qui les découvrent, qu’aux amateurs « aguerris ».