Ma plus belle histoire d’amour – Barbara

Toutes les chansons d’amour racontent la même histoire, qu’elles soient écrites au XVII°s comme aujourd’hui : le départ, l’absence, le retour…

Ce programme est articulé autour de 9 chansons de Barbara, arrangées par 5 compositeurs : Bruno Giner, Stéphane Nicolay, Jean Christophe Rozas, Romain Didier et Morgan Jourdain, pour un voyage qui nous rappelle qu’il faut aimer pour vivre, pour exister, et puis peut-être pour mourir, d’amour ?

Béatrice Mayo Felipe : soprano
Flûtes à bec : Jean Gaillard
Violon : Marieke Bouche
Violes : Françoise Enock
Clavecin : Julie Blais

Programme

Vienne (Barbara / R. Didier)
Nantes (Barbara / B. Giner)

Tarantella siciliana (anonyme)
Les insomnies (Barbara / B. Giner)
Canario (G. Sanz)

Ground in C minor (H. Purcell)
Gottingen (Barbara / S. Nicolay)
Two in one upon a ground (H. Purcell)

La solitude (Barbara / S. Nicolay)
Branles simples (T. Arbeau)
Au bois de Saint-Amand (Barbara / S. Nicolay)

Passacaille (M. Marais)
Dis, quand reviendras tu ? (Barbara / J.C Rosaz)
Passacaglio (M. Cazzati)

Sinfonia de la cantate BWV 21 (J.S Bach)
Tu ne te souviendras pas (Barbara / M. Jourdain)

Plus rien (Barbara / M. Jourdain)
Notes d’intention

Quand Jean Gaillard, directeur artistique de l’ensemble Suonare Cantare, m’a proposé d’arranger quelques chansons de Barbara pour une voix et ensemble d’instruments anciens, j’ai tout de suite pensé que c’était une idée formidable. Les timbres si particuliers de ces instruments, la façon de les jouer, de phraser sont à même je crois de rendre au mieux l’univers des chansons de Barbara (et sa façon unique de les dire aussi) où ne cessent de vibrer la couleur omniprésente de la nostalgie, le rapport au passé… Jean-Christophe Rosaz
Se lancer dans l’arrangement de chansons aussi authentiques et sincères que celles de Barbara est moins évident qu’il n’y paraît : paroles et mélodies sont si intrinsèquement liées et habitées par sa personnalité que l’on hésite à y toucher. C’est comme porter la main sur un objet sacré : sacrilège ! Et c’est en écoutant les enregistrements de la femme-auteur-compositeur-interprète que j’ai déterminé mes limites de l’irrévérencieux et mon degré de liberté.
Göttingen : Le succès de cette chanson, au-delà des idées qu’elle véhicule, s’explique aussi par sa mélodie tournoyante qui nous emporte et se retient si facilement. Ne pouvant me passer d’un élément aussi identifiable, j’ai choisi de conserver intégralement paroles et musique tout en imaginant que cette mélodie aurait pu être chantée dans un autre temps, dans un autre lieu. Rapidement, l’idée de lui affubler un ground s’est imposée : l’ostinato intrinsèque de cette musique était une évidence et cela rejoignait le répertoire commun de Suonare et Cantare. Combinant ainsi une base de musique ancienne et des éléments à la mélancolie plus actuelle, j’ai donné à cet arrangement l’étrange réminiscence d’un film de Peter Greenaway.
La solitude : Après avoir lu les paroles de cette chanson et avoir été frappé par la puissance obscure de ses mots, j’ai ressenti un profond décalage à l’écoute de l’interprétation originale, simple et sobre, presque soumise. Et c’est peut-être pour combler une frustration et retrouver l’émotion initiale que j’ai souhaité en proposer une version dramatisée et plus engagée. Ainsi, tout en conservant l’intégralité du texte et l’essentiel des éléments mélodiques identifiables, la prosodie de Barbara est aménagée sur une carrure binaire (originellement ternaire) et l’engagement musical oscille entre fatalisme et volontarisme. L’univers harmonique est à l’image du texte et parmi les ombres qui traversent le prisme de ma sensibilité, on pourrait parfois percevoir celle d’Astor Piazzolla… Stéphane Nicolay

Nantes et Les insomnies
Il s’agit de deux chansons de caractère très contrasté (tant en ce qui concerne le texte que la musique). Concernant ces deux arrangements, il s’agissait de garder – absolument – la mélodie et l’harmonisation (quasi) originale des chansons de Barbara et de simplement les instrumenter pour de nouvelles (bien que très anciennes) sonorités. Tout le travail a consisté à respecter les tessitures et les « bons registres » des instruments historiques pour faire « sonner » peut-être un peu différemment ce type de répertoire … Bruno Giner