J.S Bach – Sonates en trio

Jean Gaillard : flûtes à bec / Emmanuelle Guigues : viole de Gambe / Julie Blais : clavecin

 
Comme un grand nombre de ses contemporains, Jean-Sébastien Bach s’est aussi intéressé à la musique instrumentale. En effet, le culte calviniste en vigueur à la cour fermant à Bach la porte de la musique religieuse, le futur Kantor de Leipzig s’est alors exclusivement consacré au répertoire instrumental. Il composera, entre autres dans cette période, six sonates en trio pour orgue seul et d’autres pour clavecin obligé et instruments mélodiques dans lesquelles la partie de clavecin, entièrement écrite, comprend deux des trois voix du « trio ». Ainsi, au lieu des quatre instrumentistes existant dans sonates en trio du modèle italien, il n’y en a plus que deux. De cette « nouvelle manière », il nous est parvenu onze sonates : six avec violon (BWV 1014-1019) trois avec viole de gambe (BWV 1017-1029) et deux avec flûtes (BWV 1030 et 1032). 

La sonate en trio s’inscrit dans la foulée d’une révolution musicale provoquée entre autres par l’émergence au début du Baroque de nouveaux instruments. En effet, on pense plus souvent l’histoire de la musique en fonction des œuvres et des compositeurs, mais c’est parfois l’émergence de nouveaux instruments qui contribue d’abord à changer le paysage musical d’une époque avant que les compositeurs ne s’intéressent à eux et ne leur créent un répertoire digne de ce nom. Le début du Baroque fut ainsi marqué par l’arrivée sur le devant de la scène du clavecin et de la famille des violons. Les œuvres pour clavecin commencent à foisonner dès le début du 17e siècle et, quelque cent ans plus tard, les nombreux cycles de préludes et fugues, partitas et suites diverses de Jean-Sébastien Bach en représentent sans conteste l’apogée.