Cantates funèbres allemandes (JS Bach – GP Telemann)

Actus Tragicus (JS Bach) Du abér, Daniel, gehe hin (GP Telemann)

L’ensemble vocal du Conservatoire de Rouen (dir. Pascal Hellot)

Elodie Fonnard, soprano
Pascal Bertin, alto
Jean Yves Ravoux, ténor
Sébastien Brohier, basse

Jean Gaillard, flûtes à bec
Béatrice Delpierre, Hautbois et flûtes à bec
Guillaume Humbrecht, violon
Christine Plubeau, viole de gambe
Emily Audoin, viole de gambe
Françoise Enock, violone
Julie Blais : orgue

L’opinion générale sur la qualité des cantates protestantes se fonde normalement sur les œuvres de Jean-Sébastien Bach. Ses cantates ne sont pas considérées seulement comme le sommet de la perfection dans l’histoire de cette forme musicale particulière, mais aussi comme le point culminant atteint par la musique protestante à  la fin du 17e siècle et tout le long du 18e.
Pourtant, cette opinion n’était pas toujours partagée par ses contemporains. En effet, c’est Telemann et non Bach qui,  au 18e siècle, était considéré comme le «père de la musique religieuse».

L’«Actus Tragicus» de Bach a été écrite  en 1707 à Mühlhausen et, semble-t-il, pour un service funèbre particulier. À l’exception de quelques vers du chœur d’ouverture, son texte est conforme à  l’ancienne tradition et utilise uniquement la Bible et les chorals. La cantate est déterminée par le contraste entre la conception de la mort dans l’Ancienne et la Nouvelle alliance, contraste auquel correspond son plan en grande partie symétrique.
Les paroles des psaumes, avec l’allusion à la sagesse d’une part et à la rédemption de l’autre sont choisies pour représenter respectivement la Loi ancienne et la Loi nouvelle et servent aussi ce propos : l’utilisation du choral seulement quand on entre dans le Nouveau Testament, les chœurs de l’ouverture et du final, et même la structure conditionnée par l’émotion de la sonatine instrumentale du début.
En contraste, la cantate funèbre de Telemann, écrite pendant les années de Hambourg, est conforme au modèle établi par le nouveau « style déclaratoire » avec la triade : récitatif, aria et chœur.
Cette cantate débute par un texte biblique mais l’interprétation qui en est faite dans le récitatif qui l’accompagne montre clairement qu’il s’agit moins ici de la conception théologique de la mort et des divers points de vue à ce sujet que la réaction de l’individu, de la joie de l’âme disant adieu à ce « monde haïssable » et s’envolant pour le lieu céleste de la « joie parfaite » dans l’ardent désir de l’étreinte du Christ.

Au travers de ces deux cantates, l’ensemble Suonare e Cantare et l’ Ensemble vocal du Conservatoire de Rouen, vous propose un voyage musical au « pays de l’âme » et de ses rapports avec le monde.